Sumot, Grand Prix lauréat i-Lab 2026, réinvente le moteur… | Linksium
GRAND PRIX i-Lab
15 septembre 2026

Sumot, Grand Prix lauréat i-Lab 2026, réinvente le moteur électrique européen

Protégée par trois brevets et d’ores et déjà en test avec deux grands groupes industriels, la startup SUMOT, en maturation chez Linksium, a reçu la subvention maximale du concours national i-Lab de 600 k€ de subvention, ouvrant la voie à une première licence et à la mise en service d’un convertisseur sur un utilitaire d’ici deux ans.

SUMOT

La demande mondiale de véhicules électriques devrait grimper à hauteur de 29 % du marché automobile mondial cette année, selon l'AIE. La Chine a produit 13 millions de véhicules en 2025 et maîtrise des chaînes d'approvisionnement complètes, des matériaux critiques aux batteries. L'Europe a assemblé un peu plus de 4 millions de véhicules l'an dernier et vise 5 millions en 2026. Face à cette avance industrielle, une équipe grenobloise parie que la bataille se jouera sur l'intelligence du pilotage électrique, pas seulement sur les volumes.

Densifier le moteur plutôt que le grossir

Robin Thomas et Quentin Loeuillet, fondateurs de la startup SUMOT partent d'un constat simple : les moteurs électriques sont principalement dimensionnés pour l'usage le plus extrême qu'ils rencontreront, plutôt que pour leur usage réel. Ils embarquent donc une réserve de puissance potentielle sous-exploitée 80 % du temps, notamment lors de la conduite en ville. Le moteur pèse ainsi jusqu'à 10 % du coût du véhicule. Réduire le poids du moteur limite d'autant le recours aux matériaux critiques.

Réduire la taille du moteur de 30 à 40 % sans perte de performance

Leur idée, née de dix ans de recherche, est simple : séparer l'énergie active, qui fait tourner les roues, de l'énergie réactive, qui permet la conversion. En pilotant finement cette seconde composante via un onduleur dit « surfluxeur », Sumot récupère et réinjecte l'énergie magnétique disponible. On peut faire l’analogie avec le turbo du moteur thermique, mais appliqué au moteur électrique. On obtient un boost pouvant atteindre plus de 20 % en continu, le double en pointe, qui permet de réduire la taille du moteur de 30 à 40 % sans perte de performance et limite l’utilisation d’aimants permanents qui contiennent des terres rares. Validée sur un cas concret, la Tesla Model S lors de la thèse de Robin, avec des gains de puissance et de volume significatifs, cette approche a convaincu les chercheurs de créer la startup en 2025, également portée par la prise de conscience géopolitique autour des terres rares.

Les étapes fondatrices

Le parcours de Robin Thomas illustre les différents jalons entre la thèse et le marché. Sa thèse, soutenue au laboratoire grenoblois G2Elab (en 2022), porte déjà sur ce dispositif de suralimentation des moteurs électriques. Cette thèse s’inscrit dans un continuum de 10 ans de recherche notamment encadrés par Hervé Chazal, chercheur à Grenoble INP-UGA. Repéré dès fin 2022 par Linksium lors d’un Challenge Out of Labs, le projet SUMOT entre en maturation au sein de la SATT et est ensuite distingué par le prix de thèse Innovation 2023 de l'UGA, puis lauréat i-PhD 2023 de la région Auvergne-Rhône-Alpes (dispositif DocTT'AURA avec la région Auvergne-Rhône-Alpes). L’équipe se renforce avec l’arrivée en septembre 2025 de Quentin Loeuillet comme associé avec un profil technique complémentaire (ingénieur Ense3, doctorat en lien avec Valéo). Toutes ces étapes sont des étapes fondatrices qui rendent possible la rencontre entre la technologie et le marché.

Un atout de sobriété pour l'industrie européenne

Dans un marché où la course aux batteries se heurte à la rareté des matériaux critiques, la promesse de Sumot change l'équation : faire plus avec moins. La technologie repose sur trois brevets déposés, deux autres en cours, couvrant la topologie de l'onduleur et ses algorithmes de contrôle. Sumot propose une expertise de pilotage système difficile à répliquer : l'onduleur est pensé comme intégré à une chaîne de traction complète, et non comme un composant isolé.

L'intérêt d'industriels de premier plan

Depuis la création de l’entreprise, l'équipe a déjà signé plusieurs contrats d'étude avec de grands groupes industriels, leaders européens de la mobilité, qui testent la solution en simulation et en laboratoire avant d'envisager des licences. C’est le moment de la validation technique, le principal enjeu restant de transformer les gains observés en laboratoire en fiabilité industrielle éprouvée, notamment sur les plans thermique et électromagnétique.

Un décollage préparé avec Linksium et l'écosystème grenoblois

Les deux jeunes fondateurs sont montés en puissance sur leur vision industrielle de juillet 2023 et juin 2025 lors de la phase de maturation techno-économique à la SATT, qui a permis d’arbitrer des priorités technologiques, de structurer le business plan, de chiffrer le marché et d'identifier les premiers clients grâce au réseau de Linksium. Ce travail a débouché sur la réalisation de deux preuves de concept chez des industriels. Linksium a accompagné le choix d'un modèle fabless et aidé à structurer l’équipe des 3 associés : Robin Thomas, CEO, Quentin Loeuillet, CTO, et Hervé Chazal, conseiller scientifique, ouvrant la voie à un déploiement de grande échelle.

Les fondateurs mettent en avant ce que l'écosystème grenoblois leur apporte : la continuité des relations au sein du G2Elab et des laboratoires CNRS-UGA, des prestataires juridiques et bancaires rompus à la deeptech, et un tissu industriel régional qui facilite les co-développements avec la proximité bienveillante de CEO de deeptech aux startups co-fondées par Linksium.

Grand Prix i-Lab 2026

Sumot vient de franchir une étape symbolique forte : lauréat du concours d'innovation i-Lab, avec le montant maximal de subvention de 600 000 euros. Porté par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et opéré par Bpifrance dans le cadre de France 2030, ce prix constitue une reconnaissance nationale. Cette étape ouvre la voie à une feuille de route où Sumot prévoit de démontrer la mise en service d'un convertisseur surfluxeur sur un véhicule utilitaire, de déployer une première licence auprès d'au moins deux constructeurs et de quasiment doubler son effectif. De quoi transformer un pari de laboratoire en filière industrielle européenne.

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